Jayita Sarkar, professeure invitée du CIENS ce semestre, donne une conférence sur son nouveau projet de livre intitulé « Atomic Capitalism, a Global History » (Le capitalisme atomique, une histoire mondiale).
Les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki ont créé, selon les mots de George Orwell, un monde « atrocement stable » et « un semblant de paix », renforçant le pouvoir de l’État sur l’individu et celui des États-Unis sur le monde.
Son livre examine de manière critique cette vision et les hypothèses relatives à la prépondérance des États-Unis et de l’État lui-même en replaçant les infrastructures nucléaires dans une perspective mondiale et transnationale.
La découverte des éléments nucléaires — le radium, la radioactivité, les propriétés de fission de l’uranium et le plutonium — a établi un lien étroit entre les infrastructures nucléaires et la violence des entreprises, le colonialisme et le génocide, qui ont caractérisé les empires euro-américains de la fin du XIXe et du XXe siècle.
Le cycle de l’uranium et ses infrastructures matérielles ont ainsi à la fois bénéficié d’un système mondial extractiviste, omnipotent et inégalitaire, et l’ont renforcé, système par lequel les acteurs et les réseaux capitalistes ont tiré profit en privant de leurs droits les populations des colonies lointaines, des territoires dépendants et de leur propre pays. Il en a résulté un réseau complexe d’inégalités intrinsèquement lié à nos crises économiques et environnementales actuelles.
Lundi 18 mai de 18 h à 20h
Amphithéâtre Jaurès, 29 rue d’Ulm