La troisième séance du séminaire de l’Axe Europe-Eurasie du programme DÉCRIPT (Dispositif d’Étude des Crises et des Récits cIvilisationnels par la Pluridisciplinarité et les Terrains) aura lieu le 12 février prochain de 16 à 18 heures avec pour thématique « Le pluralisme des cadres sociaux de la mémoire en Ukraine face à la guerre ». A cette occasion nous aurons le plaisir de recevoir Mischa Gabowitsch (professeur d’études multilingues et transnationales post-soviétiques à l’université Johannes Gutenberg de Mayence, Allemagne) pour nous présenter les résultats d’une enquête de terrain réalisée conjointement avec Mykola Homanyuk (professeur associé au département de sociologie et de géographie de l’université d’État de Kherson, Ukraine).
Le séminaire aura lieu en ligne et à l’Université de Strasbourg, Institut Le Bel, Campus de l’Esplanade (4 rue Blaise-Pascal, 67000 Strasbourg) – Salle Ourisson.
L’entrée est libre sur inscription: https://framaforms.org/seminaire-europe-eurasie-wp7-seance-3-programme-decript-1767707066
Le résumé de la séance est le suivant:
La mémoire collective en Ukraine a longtemps été décrite comme divisée entre l’ethnonationalisme dans la partie occidentale du pays et la nostalgie soviétique dans l’Est. Cette dichotomie a été largement surmontée, mais elle est souvent remplacée par une approche tout aussi dualiste : certains chercheurs identifient un antagonisme ou une rivalité entre les interprétations « anciennes » ou « fausses » russes ou soviétiques et les interprétations « nouvelles » ou « authentiques » ukrainiennes, chacune représentant un choix civilisationnel. Dans cette conférence, Mischa Gabowitsch (professeur d’études multilingues et transnationales post-soviétiques à l’université Johannes Gutenberg de Mayence, Allemagne) et Mykola Homanyuk (professeur associé au département de sociologie et de géographie de l’université d’État de Kherson, Ukraine) soutiennent que les cadres de la mémoire collective en Ukraine sont en réalité beaucoup plus pluriels. Ils comprennent de multiples récits associés à différents lieux ou régions, à différents groupes ethniques (tels que les Tatars de Crimée, les Roms ukrainiens ou les Polonais), à différentes communautés professionnelles (telles que les gardes-frontières, les mineurs ou les cheminots) et à des communautés liées par des expériences traumatisantes communes (telles que les liquidateurs de Tchernobyl ou les vétérans des guerres précédentes). Face à l’agression russe, ce pluralisme mémoriel s’est révélé de manière inattendue être une source de résilience plutôt que de faiblesse, car chaque mémoire collective pouvait justifier sa participation à la défense de l’Ukraine en se référant à ses propres traditions mémorielles.
Les informations relatives à cet évènement sont disponibles sur la page suivante: https://www.inalco.fr/evenements/le-pluralisme-des-cadres-sociaux-de-la-memoire-en-ukraine-face-la-guerre