IA, information et démocratie


Année 2023-2024 / Second Semestre
École normale supérieure (Ulm)

Enseignante : Maïlys Mangin
Contact : mailys[dot]mangin[at]ens.psl.eu

Validation : 3 ECTS
Horaire: Le mardi de 18h – 20h à partir du 13 février.
Salle: Salle Beckett, 45 rue d’Ulm
Public: ouvert à tous les étudiants ENS-PSL

Inscription ici: Formulaire (à remplir une fois par cours. Si vous souhaitez vous inscrire à deux cours différents délivrés par le CIENS, merci de remplir le formulaire deux fois)

Présentation du séminaire

La numérisation du débat public au cours des dernières décennies a considérablement modifié nos pratiques de production et de consommation de l’information, les formes de communication politique et dès lors les règles de la compétition politique dans son ensemble. La généralisation des réseaux sociaux a notamment facilité une diffusion large et plus immédiate de l’information. Elle l’a aussi rendue plus vulnérable aux manipulations et à la circulation de « faits alternatifs » ou de « post-vérités » avec des conséquences sociales, électorales et internationales déjà majeures. 

Le développement rapide des IA génératives comme ChatGPT, Bard, Llama semble promettre une nouvelle révolution dans notre rapport à l’information d’actualité, à la structuration du débat public et à la prise de décision. Les IA modifient déjà les pratiques journalistiques, l’économie de l’information et les stratégies d’acteurs politiques nationaux et étrangers. Elles sont aussi appelées à transformer les pratiques étatiques de lutte informatique d’influence, ainsi que les contours des manœuvres militaires possibles dans l’espace médiatique, notamment à destination des « médias sociaux » lors de conflits ou d’opérations extérieures. 

Quel est l’impact des IA sur nos systèmes politiques à l’échelle nationale et internationale ? Qu’est-ce qu’une « fake news » à l’heure de ChatGPT, comment se diffuse-elle, et avec quels risques pour la démocratie ? Quels sont les effets des IA sur l’information dans le cadre de campagnes électorales ou de conflits inter-étatiques? Sommes-nous entrés dans une nouvelle ère de la « guerre informationnelle »? Quelles en sont les formes et les implications? Quels rôles jouent les journalistes, les grandes entreprises, les services de l’État dans la gestion de ces défis? 

Modalités d’évaluation

Chaque séance s’articulera autour d’un intervenant, chercheur ou praticien, et de plusieurs lectures obligatoires, en langue anglaise ou française. Le séminaire sera conduit en français. 

L’évaluation prendra en compte l’assiduité aux séances, la participation orale pendant le séminaire ainsi qu’une épreuve finale de rédaction d’un mini-mémoire de recherche sur un sujet au choix en rapport avec le séminaire.

Format du mini-mémoire: entre 15 000 et 22 000 signes espaces compris — hors bibliographie (entre environ 7 et 10 pages).

Date de rendu: 30 avril à 23h00 au plus tard.

Descriptif des séances

Thèmes des séances indicatifs et susceptibles d’être modifiés selon la disponibilité des intervenants.

Séance 113 février. Intervenant: Sylvain Parasie, professeur de sociologie à Sciences Po et directeur du Médialab.
« Les médias face à l’exploitation politique d’un fait divers. Une étude computationnelle de corpus médiatiques ».

Séance 2 27 février. Intervenante: Paola Tubaro, directrice de recherche au CNRS. Chercheuse au Centre de Recherche en Economie et Statistique (CREST), Institut Polytechnique de Paris.
« Problématiser la désinformation : IA, réseaux, et industries numériques »

Séance 319 mars. Intervenants du Comcyber.
« Lutte informatique d’influence, manœuvres informationnelles et ingérences étrangères : enjeux militaires et sociétaux »

Séance 4 – IA et campagnes électorales: les risques du développement des outils de ciblage.

Séance 5Mercredi 27 mars (18h-20h).
Exceptionnellement la séance aura lieu le mercredi et non le mardi.
Intervenant VIGINUM
« La lutte contre les ingérences numériques étrangères dans les médias. »

Séance 6 – La bataille de la régulation des IA. Quel rôle jouent les grandes entreprises de la « Tech » dans la gestion de ces défis?