Retour sur la soirée de lancement du CIENS… en photos ! 


Plus de 80 personnes étaient présentes dans la Salle historique de la Bibliothèque des Lettres de l’ENS. 

Des panélistes de haut rang ont débattu de la dimension nucléaire du conflit en Ukraine.

Le débat a été précédé de discours sur le rôle que joue le CIENS dans le paysage de la recherche française.

Frédéric Worms, directeur de l’ENS a évoqué la nécessité de changer le rapport de la politique à l’expertise et à la recherche. “Toute crise soudaine a des causes souterraines que le chercheur prend le temps d’identifier. Le CIENS sert à cela. La table-ronde de ce soir est très importante au regard des crises actuelles. Nous avons besoin de paix et de justice, mais aussi de vérité”

Nicolas Roche, fondateur du CIENS et ambassadeur de France à Téhéran est revenu sur l’origine de la création du Centre : “L’idée du CIENS naît en 2014 dans le contexte de l’invasion de la Crimée par la Russie. Cela part d’un constat : le fait nucléaire demeure un élément central des relations stratégiques internationales.” 

Frédéric Gloriant, directeur du CIENS depuis la rentrée 2023, a mis l’accent sur l’identité unique du CIENS, “à la jonction de deux mondes : celui de la recherche universitaire et celui de la prise de décision stratégique”. Il a rappelé l’objectif premier de son équipe de chercheurs qui est de “mener une recherche fondamentale, indépendante et selon les critères de l’excellence académique, qui soit pertinente pour la prise de décision”. 

Les discours ont cédé la place à une table-ronde avec nos panélistes. 

Kristin Ven Bruusgaard, directrice de la Norwegian Intelligence School

« La dissuasion nucléaire consiste à manipuler le risque, et nous avons vu la Russie le faire activement en Ukraine. Le niveau de signalisation nucléaire a choqué beaucoup de monde, en particulier le public qui n’avait pas vu une telle signalisation depuis la guerre froide. L’objectif principal des signaux russes en Ukraine a été de dissuader l’intervention directe de l’Occident. Les puissances nucléaires actuelles et potentielles observent attentivement l’évolution de la situation en Ukraine et en tirent des conclusions sur l’utilité des armes nucléaires.”

Corentin Brustlein, délégué politique et prospective de défense à la DGRIS (ministère des Armées) : “Une victoire de la Russie en Ukraine serait une victoire de la stratégie de sanctuarisation agressive de la Russie, à savoir une conquête territoriale à l’ombre de la perspective d’une guerre nucléaire.” 

Elsa Vidal, rédactrice en chef de l’antenne russe à Radio France Internationale : « En tant que journaliste, nous sommes confrontés à des incarnations du pouvoir russe contradictoires. Et dans le même temps, nous voyons s’affirmer la volonté de Moscou de redéfinir de nouvelles normes des relations internationales. »